Le ministre des Affaires étrangères et européennes du Luxembourg, Jean Asselborn, a participé au Conseil "Affaires étrangères" de l’Union européenne, le 26 février 2018 à Bruxelles.
Le Conseil "Affaires étrangères" s’est d’abord penché sur les questions d'actualité, ce qui a permis aux ministres de passer en revue les problèmes les plus pressants à l'ordre du jour international, plus particulièrement la situation en Syrie. Le ministre Asselborn a fait valoir que les images provenant de Syrie faisaient penser à la période du "Moyen-Âge", notamment au regard de la situation à Idlib et dans la Ghouta orientale ou encore dans le canton d’Afrin. Le ministre Asselborn a insisté que l’UE et ses États membres devaient "continuer à réclamer une cessation immédiate des hostilités dans toute la Syrie pour permettre la fourniture d’aide humanitaire et l’évacuation des malades et des blessés". La résolution 2401 du Conseil de sécurité, votée à l’unanimité samedi dernier, grâce aux efforts conjoints de la Suède et du Koweït, exige une cessation immédiate des hostilités sur l’ensemble du territoire syrien pour permettre au personnel humanitaire d’évacuer les blessés et d’accéder aux populations. Pour le ministre Asselborn cette nouvelle résolution constitue une lueur d’espoir qui doit mobiliser l’ensemble de la communauté internationale, mais surtout les trois pays garants du processus d’Astana, appelés à assumer leurs responsabilités et imposer de manière effective au régime syrien l’arrêt des hostilités.
Les ministres des Affaires étrangères ont ensuite fait le point sur les relations entre l’Union européenne et la république de Moldova, ainsi que sur les défis actuels et les réformes nécessaires dans ce pays, avant de se pencher sur la situation politique, économique, humanitaire et sécuritaire en République bolivarienne du Venezuela.
Sur les relations entre l’UE et la république de Moldova, le Conseil a affirmé sa détermination à renforcer les relations entre l’UE et la République de Moldova, en poursuivant la coopération étroite basée sur l’accord d’association, entré en vigueur en juillet 2016. Le Conseil a souligné que les réformes entamées en 2016 devaient impérativement être mises en œuvre et qu’il importait pour la Moldavie de remplir ses engagements de réformes, notamment en matière du respect de l’État de droit et des droits de l’homme. Le Conseil a invité la république de Moldova à garantir la liberté et le pluralisme des médias qui sont indispensables à une société démocratique et à redoubler d’efforts pour mener une lutte plus énergique contre la corruption.
Par apport à la situation politique, économique et humanitaire au Venezuela, les chefs de la diplomatie se sont montrés solidaires avec l’Espagne, dont l’ambassadeur à Caracas a été déclaré persona non grata au Venezuela. L’UE continuera d’exercer une pression sur le gouvernement de Maduro pour exiger un processus électoral crédible, transparent et inclusif en vue des prochaines élections présidentielles annoncées pour le 22 avril 2018. La population du Venezuela devra pouvoir bénéficier de l’assistance nécessaire, dans une situation humanitaire des plus alarmantes.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont mené une discussion au sujet du Processus de paix au Moyen-Orient (PPMO) pour explorer ensemble les pistes qui puissent permettre à l’UE de jouer son rôle dans la région. Le ministre Asselborn s’est montré ouvert à réfléchir ensemble à un nouveau format de négociation dans le cadre du processus de pays, en élargissant le cercle et en y associant davantage les Européens et les pays arabes. Une internationalisation du Processus de paix, avec la mise en place d’un mécanisme multilatéral, y inclus l’UE et la Ligue arabe serait souhaitable. Le chef de la diplomatie a lancé un appel à tous les partenaires d’en faire davantage pour l’UNRWA, en manque notoire de fonds à la suite de la décision de l’Administration américaine de couper une partie de son aide à l’agence onusienne.
Le déjeuner de travail avec leurs homologues palestinien, égyptien, jordanien, marocain, saoudien, émirati, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, a été l’occasion pour les ministres des Affaires étrangères de l’UE de discuter également du PPMO.
La situation critique de l’agence UNRWA a également abordée.
Communiqué par le ministère des Affaires étrangères et européennes